Bac 2016 : mention Bof pour les
médias, Bien pour les YouTubeurs ?

Quand j’ai passé le bac en 2007, je n’ai pas été distraite par Facebook, Twitter, Snapchat et les YouTubeurs ne sortaient pas encore des milliers de vidéos intitulées « LE BAC ».

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Par contre, du côté des médias depuis cette époque, rien n’a changé. Tous les ans, c’est la même rengaine. « Le bac est-il plus facile aujourd’hui ? » « Comment aider votre ado stressé ? » « Faut-il interdire les sorties à votre ado pendant ses révisions ? » « Nicolas passe son bac S cette année, comment révise-t-il ? *plan de la chambre de Nicolas* – Alors euh, ici c’est mon bureau… Là j’ai fait des fiches par thématiques… Ah non non hein, je regarde pas la télé avant d’avoir fini mes révisions… Oui je sais qu’il faut faire des pauses mais je suis trop stressé » *plan de Nicolas en train d’écrire sur son bureau*

LES VIEUX PARLENT AUX JEUNES AVEC DES CODES DE VIEUX

Les angles originaux ne sont pas légion. Et ça se comprend, quand on se tape le même sujet depuis des décennies, difficile de marquer les esprits. Mais il y a quelques médias et vidéastes qui prennent des risques… Avec plus ou moins de succès.

Le magazine L’Etudiant a sorti plusieurs vidéos très courtes pour répondre aux angoisses les plus profondes des lycéens.

Dommage que cela n’ait attiré que quelques centaines de curieux.

Et pour cause : la mise en scène est un plateau « comme à la télé » (qu’on regarde de moins en moins), on interroge un prof (qu’on voit déjà toute la journée quand on est lycéen), la vidéo n’a pas été partagée sur la page Facebook du magazine et elle est hébergée sur YouTube (alors que Facebook vidéo explose).

Les lycéens sont donc une fois de plus face à des adultes qui essaient de les éduquer, avec des moyens et des codes « de vieux ».

THOMAS REPASSE LE BAC… SUR YOUTUBE

Certaines chaînes YouTube sont des médias sociaux qui touchent plus les 12-30 ans que n’importe quel média national institué.

Alors pendant que les titres de presse tâtonnent encore dans leur appropriation des codes des jeunes, les créateurs de contenus sur YouTube ont lancé l’offensive.

« Soit les médias mettent le bac sur un piedestal, soit ils le dénigrent. Parfois, ils font les deux en même temps ! Et encore, seul le bac général semble intéressant à leurs yeux. Ça le ritualise et lui donne un statut bâtard dans l’imaginaire collectif. »

Thomas de la chaîne L’Originale a décidé de repasser le bac, 10 ans après l’avoir obtenu. Ses objectifs : démontrer que le bac est avant tout un symbole et répondre aux rageux qui répandent l’idée commune selon laquelle le « bac est donné ».

« J’y pense depuis longtemps, pour voir ce que ça fait. Contrairement à d’autres défis plus abstraits – comme coder par exemple – c’est une expérience qui se prête au partage puisque plein de gens sont passés par cette expérience ! »

Il s’est inscrit en tant que candidat libre et il documente chacune de ses épreuves en tournant un vlog dans lequel il livre ses impressions.

« YouTube est le réseau social le plus approprié pour le faire. Je veux parler le plus simplement possible aux gens et le vlog m’a semblé être le meilleur format pour un témoignage ou une chronique.  »

Et en effet, tous les codes du vlog sont présents : Thomas personnifie l’information, il apporte un format « télé réalité » qui le lie plus facilement à son public, le ton est léger et non jugeant.

Et le format prend. À l’heure où j’écris cet article, la vidéo n’a pas dépassé les 15 000 vues mais elle engendre un taux d’engagement que beaucoup de médias envieraient. 200 commentaires accompagnent la vidéo sur YouTube et surprise : ils sont constructifs.

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En complément des vlogs, Thomas va organiser des lives sur YouTube pour échanger avec ses visionneurs, une démarche de libre antenne encore peu exploitée par les médias sur internet.

UN PETIT « JE » CAPITAL

Pour s’adresser aux 12 – 30 ans, les vidéastes sur YouTube ont un avantage non négligeable sur les médias : en personnifiant leurs expériences, ils jouent plus facilement sur la corde du story telling et facilitent l’identification.

Contrairement à l’univers YouTube, le pronom « je » est un tabou dans le journalisme français.

Seule une poignée de chroniqueurs et journalistes de renom – souvent des hommes d’ailleurs – peut se permettre cette fantaisie.

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Aujourd’hui plus que jamais, les journalistes sont en tension entre les pratiques médiatiques des Français, les codes du métier et les injonctions à ramener toujours plus d’audience.

Malheureusement pour le secteur, les consommateurs d’information n’attendent plus qu’ils brisent ces barrières pour aller voir ailleurs… Notamment vers les jeunes créateurs de contenus sur YouTube.

NB : pour être totalement transparente vis-à-vis de mes lecteurs, je précise que Thomas est mon compagnon de vie, ce qui en fait un excellent cobaye pour comprendre le YouTube game.

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2 Commentaires

  1. Excellent article.

    J’ai pour ma part passé mon Bac (pour la 1ère fois) à 26 ans et je comprends donc l’expérience que vit actuellement Thomas.

    La plupart des épreuves sont plus faciles car nous avons continué de nous construire et de nous cultiver. Néanmoins, la plus grande difficulté est de se remettre dans l’état d’esprit académique.

    Sinon je trouve l’initiative de Mr Hercouet complètement géniale.

    Je n’avais jamais fait le parallèle avec la télé-réalité mais en y réfléchissant bien, même la Nuit Originale a un peu ce côté là. De la proximité, du quotidien et de la bienveillance.

    En fait, Thomas Hercouet, c’est un peu le boss de l’internet-réalité !

  2. super article 😉

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