Demain, c’est la rentrée. Pour moi, les vacances et les nouveaux départs sont autant d’occasions de programmer de mini introspections. À quelle étape de ma vie suis-je ? Qu’est-ce qui va bien ? Qu’est-ce que je peux améliorer ?

Cette étape pourrait être une source infinie de bonnes vibes mais elle se transforme vite en grosse source de stress.

peur

Quand on me dit : « Cette année va être pleine de défis ! »

Acceptons d’avoir peur

J’ai l’impression que dans notre société de l’innovation, admettre qu’on a peur est considéré comme une faiblesse. C’est même un véritable tabou. En entretien de recrutement par exemple, il faut « accepter les challenges », « être prête à relever le défi ». Laissez transparaitre une once d’inquiétude sur votre avenir ou une faille de confiance en vous et le jeu est fini.

Je l’admets, j’ai souvent peur. Je crains l’échec, l’erreur, le mot de trop. Je me laisse parfois plus atteindre que je ne le souhaiterais. Dans mon langage courant, je dis que « je suis stressée ».

Je pense aussi être une éternelle insatisfaite. Lorsqu’une épreuve est passée et que je l’ai réussie, je ne prends pas le temps d’en profiter. Je pense tout de suite à la prochaine étape. J’ai l’impression d’appréhender sans cesse le futur sans savoir apprécier le présent. Bien sûr, ça a ses avantages. Je ne me repose jamais sur mes lauriers, je ne paresse pas, j’imagine tous les possibles. La contrepartie, c’est que je suis constamment fatiguée et que mes cogitations ne s’arrêtent jamais, ce qui est un peu bof pendant les vacances.

no sleep

Chaque. Dimanche. Soir.

Tout ça semble profondément lié à mon manque de confiance en moi. Alors j’ai fait des recherches. J’ai compris quelle était la source de ce problème et aujourd’hui, j’essaie de le surpasser.

Les femmes sont moins confiantes

Comme de nombreuses femmes, je doute souvent de mes capacités, je subis de plein fouet le « confidence gap ». Dans le milieu du travail, la différence est particulièrement flagrante : comparé aux hommes, nous osons moins demander une augmentation, une promotion, dénoncer des choses. Je ne dis pas que nous n’osons pas du tout ni que tous les hommes sont sur-confiants. De nombreuses exceptions existent, heureusement.

Mais c’est un fait, quand je réussis et quand je décris mon parcours, j’accorde plus d’importance à « la chance » qu’à mon travail. Dans certaines réunions ou interventions publiques, je ressens fortement le syndrome de l’imposteur : je me demande si je suis plus légitime qu’une autre personne ou si je vais être capable d’apporter ma pierre à l’édifice.

Les raisons culturelles et biologiques de ce phénomène et ses répercussions sont parfaitement bien expliquées dans cet article sur le confidence gap (en anglais).

« What doomed the women was not their actual ability to do well on the tests. They were as able as the men were. What held them back was the choice not to try. »
Katty Kay et Claire Shipman

Et si on s’encourageait entre femmes ?

Ce constat étant posé, j’aimerais suggérer une chose. Aidons-nous les un.e.s les autres à avoir confiance en nous. Surtout, encourageons-nous entre femmes. Car nous savons mieux que quiconque les doutes que nous traversons.

Dans mon parcours personnel et professionnel, j’ai eu la chance de rencontrer des gens très inspirants et parfois très encourageants. Ils m’ont plus fait confiance que je ne me le serais jamais permis et m’ont offert des opportunités qui m’ont aidée à devenir plus forte. Il se trouve que ces personnes étaient à chaque fois des hommes, à deux exceptions près : ma mère et mes directrices actuelles.

C’est très frustrant, quand on se dit féministe, d’avoir été encouragée par des hommes. Ils ont beau être les personnes les plus bienveillantes du monde, il est difficile d’accepter qu’ils aient joué un rôle plus ou moins paternaliste, simplement parce qu’aucune femme n’a su nous dire : « Vas-y, fais-le. Tu en es largement capable ».

just do it

Inspirational Shia Laboeuf

Et pourtant, les mots sont tellement importants. Mais on ne les prononce pas, par peur de sonner faux, par peur d’avoir tort, par peur de ne pas être cru. Alors c’est aussi à nous de nous auto-convaincre de notre valeur. Et pour cela, j’ai compilé quelques conseils.

10 trucs pour avoir confiance en soi

Faites le point sur vos succès personnels et professionnels

Prenez une feuille et dessinez un tableau avec deux colonnes. Dans la première, notez chacune de vos réussites personnelles, dans la seconde, vos succès professionnels. Notez tout ce qui vous passe par la tête. Ça devrait suffire pour gonfler un peu votre égo et vous mettre dans le mood.

wonderwoman

Bitch I’m fabulous

Devenez moins perfectionniste

Beaucoup de gens disent qu’être perfectionniste est un défaut et une qualité. Vous est-il déjà arrivé de laisser tomber une de vos idées ou un de vos projets parce que vous vouliez trop bien faire ? Acceptez donc que tout ne soit pas parfait-parfait. Ça vous permettra de lâcher du lest, d’être moins exigeante envers vous-même et donc de vous lancer plus facilement !

Informez-vous et faites preuve de curiosité

Plus on connait un sujet, moins on a peur d’en discuter. Soyez curieuse. Ne vous arrêtez aux idées reçues. Creusez les débats et polémiques. Abonnez-vous à des chaînes YouTube. Regardez des TED talks. Écoutez des podcasts. Bref, donnez-vous les moyens intellectuels de savoir de quoi vous parlez. Lorsque le débat sera posé sur la table, vous n’hésiterez alors plus à donner votre avis et à en discuter !

Dites oui par principe et non par exception

Les meilleures expériences que l’on vit sont celles auxquelles on ne s’attend pas. Plusieurs fois dans ma vie, on m’a proposé de parler en public ou de me lancer dans un projet alors que j’avais. Grave. Les. Chocottes. Mais à chaque fois j’ai dit « OUI », l’aventure s’est révélée payante : soit j’ai été recontactée parce qu’on avait trouvé mon propos intéressant, soit le projet est arrivé à son terme avec succès.

Ne culpabilisez pas d’être ambitieuse

L’ambition, ce n’est pas sale. Et ce n’est certainement pas l’apanage des mecs. En 2014, Mymy de la rédaction de madmoiZelle a demandé une promotion. Et non seulement ça lui a réussi, mais en plus, ça lui a permis de gagner confiance en elle. Voici son témoignage.

« À toutes celles et à tous ceux qui n’avaient pas reçu le mémo : le pouvoir, en soi, c’est pas mal. C’est pas néfaste. L’ambition non plus. Si vous croyez en quelque chose, et en vous, si vous savez au fond de vos tripes que vous pouvez améliorer quelque chose, le faire grandir, le solidifier, alors n’hésitez plus à exprimer votre ambition ! »

Mymy

Apprenez à prendre la parole en public

Savoir parler en public est un exercice compliqué. Qui n’a pas connu l’angoisse de l’exposé au collège ou au lycée ? En réalité, savoir s’exprimer sans trac, c’est de l’entrainement. Et ça tombe bien, Clémence de madmoiZelle y a consacré un article pour vous y aider.

« Dans un débat, certaines personnes peuvent tenir pendant plusieurs minutes si on ne les arrête pas. Et surtout, les autres vont enchaîner directement : si tu laisses cette pause, tu perds systématiquement ton tour, et tu te retrouves à la fin du débat à te dire « je n’ai pas pu en placer une ». C’est souvent qu’il fallait prendre la place, et ne pas attendre qu’on te la donne ! »

Clémence Bodoc

Rencontrez et fréquentez des gens innovants

S’entourer de personnes créatives et créatrices peut être particulièrement stimulant. Rendez-vous dans des conférences sur des thématiques qui vous intéressent, allez rencontrer des personnes entreprenantes qui ont votre âge et associez-vous, vous aurez là le meilleur cru d’inspiration. On a souvent tendance à se comparer aux autres. Rendez cette habitude positive en vous demandant : « si cette personne en est capable, pourquoi pas moi ? ».

Entourez-vous de personnes bienveillantes et motivantes

C’est la deuxième catégorie de personnes qu’il faut absolument à votre Pokédex humain. À ces gens-là, vous pouvez confier vos doutes, vos craintes et vous savez qu’ils ou elles vous soutiendront sans vous juger. Et comme vous êtes quelqu’un de bien, vous saurez leur renvoyer l’ascenseur en temps voulu. Il parait que les couples qui durent le plus longtemps sont ceux qui se couvrent de mots gentils. Et si en amitié, la bienveillance était aussi la clé de la réussite et de la motivation ?

Trouvez-vous une femme mentor ou un modèle

Je le concède, dans notre société, s’inspirer d’une femme qui a réussi n’est pas évident. Elles sont particulièrement peu visibilisées et sont bien souvent cantonnées aux rubriques mode, beauté ou maman. Pour trouver votre « femme inspirante », ouvrez les yeux et les oreilles. Puis étudiez son parcours, écoutez ses interviews. Si cette femme inspirante n’est pas célèbre (genre votre maman ou votre tante ou la commerçante de votre village), écoutez donc son histoire. Projetez-vous en elle et donnez-vous les moyens d’être à son niveau !

Mettez-vous en posture de pouvoir

Notre corps en dit souvent plus long sur nous que les mots que nous prononçons. Dans un TED particulièrement inspirant, Amy Cuddy, une psychologue américaine, nous explique comment nous pouvons piéger notre corps à son propre jeu en lui envoyant un véritable shot de confiance. Les ingrédients secrets ? 2 minutes, un endroit isolé et vous.

Vous avez d’autres techniques pour prendre confiance en vous ? Donnez-les nous dans les commentaires !

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