Les femmes ne sont pas tendances sur YouTube

Les femmes ne sont pas « tendances » sur YouTube. C’est ce qu’on pourrait croire en regardant de plus près le programme de la Neocast 2 qui se déroulait les 23 et 24 avril au Zénith de Strasbourg. Pendant ce « rendez-vous entre les youtubeurs et leurs fans », sur les 56 invités qui ont enchainé les dédicaces et les ateliers, seules 5 étaient de sexe féminin.

Pourtant, sur YouTube, un.e viewer sur deux est une femme. Et si les Youtubeurs sont les plus visibles sur la plateforme, de nombreuses Youtubeuses alimentent le YouTube game au quotidien. Pourquoi croit-on donc que les femmes créent moins de vidéos ?

On pourrait trouver mille raisons. Mais deux m’intéressent particulièrement.

Responsable diversité bonjour

La première, c’est qu’en tant qu’internaute, on est souvent pris dans une clôture informationnelle. Si on regarde souvent des vidéos de sciences ou d’histoire, l’algorithme de YouTube aura tendance à nous enfermer automatiquement dans des suggestions de chaînes similaires. Ces chaînes étant portées pour majorité par des hommes, nous voilà pris contre notre gré dans une bulle homogène qui nous pousse vite à penser que les femmes n’existent pas dans ce secteur. Florence Porcel, une auteure, vidéaste passionnée de sciences et aventurière de l’extrême a d’ailleurs fourni quelques éléments d’explication sur sa propre visibilité dans un billet de blog récent.

La deuxième, c’est que certains prescripteurs ne semblent pas avoir conscience de leur responsabilité sociétale en matière de promotion de la diversité.

En organisant un rassemblement annuel d’ampleur, les conventions populaires comme la Neocast ne font pas que permettre la rencontre entre les vidéastes et les fans. Elles marquent d’une pierre blanche l’état du système à un moment M. Les nombreux ateliers et conférences reflètent d’ailleurs les tendances de l’année : quelle est la place du viewer sur YouTube ? à quoi ressemble la vulgarisation scientifique ? comment gérer les droits d’auteur ?

Mais voilà. À la Neocast, il manquait clairement une tendance : la visibilité des femmes dans le YouTube game. Une semaine avant l’événement, des invitées ont rapporté à l’organisation le manque de diversité dans le panel des vidéastes. Pour ma part, 3 mois avant, j’ai été marquée par la couverture du dossier de presse, le design du site et la communication globale de la Neocast qui fleurait déjà bon la testostérone.

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Men, men everywhere

Oh, je sais ce que vous allez me dire : « Les femmes, on ne les voit pas aux conventions parce qu’elles font pas autant de vidéos que les hommes et aussi parce qu’elles n’aiment pas se montrer ». C’est en partie vrai, mais pas totalement. En réalité, nous en partageons tous la responsabilité.

Pourquoi les femmes sont-elles si peu visibles dans cet univers ?

Le syndrome de l’imposteur

Dans le YouTube game comme ailleurs, les femmes sont peu visibles parce qu’elles sont confrontées à de nombreux freins. Parfois, ces freins sont personnels : elles s’autocensurent et expérimentent un véritable syndrome de l’imposteur, très bien décrit dans cet article (en anglais). Si on les invite à intervenir sur un sujet, elles auront tendance à se demander si elles sont les plus légitimes, si elles seront à la hauteur. En moyenne, les conférencières représentent 10% des invités. On est pourtant 50% sur la planète, non ?

C’est d’ailleurs un phénomène que je ressens assez souvent quand on me fait une proposition. J’essaie de le transformer en force et en énergie en répondant toujours oui par principe. Ce sentiment récurrent me pousse cependant à être très exigeante envers moi-même pour ne pas décevoir la personne qui m’aura fait confiance. Pour en avoir discuté à plusieurs reprises avec des hommes intervenants, je sais qu’en moyenne, je prépare plus longuement et minutieusement mes interventions qu’eux.

Malheureusement, certaines femmes ne se sentent vraiment pas capables de dépasser cette première impression et réagiront de deux façons : elles déclineront l’invitation ou ne répondront pas à la sollicitation, en faisant comme si elle ne leur était jamais parvenue.

 

“Je veux pas me la péter”

Les femmes ont également moins le réflexe d’autopromotion que les hommes. Quand Thomas prépare ses invitations à ses Nuits Originales, les seules sollicitations spontanées qu’il reçoit proviennent d’hommes. En 6 éditions, seuls des créateurs de contenus sur internet masculins se sont rappelés à son bon souvenir pour être invités.

La pensée humaine est complexe et il serait difficile de généraliser sur les raisons qui creusent cet écart. Mais on suppose que ce phénomène se produit parce que dès le plus jeune âge, on n’apprend pas aux hommes et aux femmes à se comporter de la même façon en société. Les petites filles doivent être calmes, discrètes et disciplinées tandis qu’on réfreinera moins les petits garçons qui sont agités, bruyants ou se font remarquer. Regardez vos petit.e.s cousin.e.s et dressez le constat : en fonction de leur sexe, quels types d’activités ont-ils ? C’est particulièrement instructif.

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Les rayons Jouets des grands magasins, la PLS assurée

Pour ma part, il m’est arrivé de manquer des opportunités d’autopromotion parce que je me demandais : “est-ce que ce n’est pas prétentieux de ma part ? Est-ce que je ne vais pas être perçue comme une personne qui s’impose ? Qui se croit plus importante qu’elle ne l’est ?”

 

Entre couilles

Les femmes sont aussi moins visibles sur YouTube parce que l’esprit de réseau y est particulièrement développé. Pour percer, on conseille aux vidéastes débutant.e.s de faire des collaborations. Mais souvent, les copains sont des hommes. Et les femmes qui sont déjà installées n’ont pas forcément conscience de leur influence. En un tweet, en une recommandation de chaîne dans une vidéo, elles peuvent aider d’autres femmes à décoller. Malheureusement, c’est encore loin d’être un réflexe. Et c’est compréhensible : quand on a du mal à s’autopromouvoir soi-même, c’est parfois difficile d’aider les autres !

 

Pas de modèle

Les gender studies ont également démontré l’importance des positive role model pour se projeter dans une pratique. Si je suis une femme et que je ne vois que des hommes scientifiques, j’aurais du mal à imaginer trouver ma place dans cet univers. Les femmes manquent cruellement de modèles de success story sur YouTube. Quand elles réussissent, les “Youtubeuses” sont souvent cantonnées à la cuisine, au soin et à la beauté, aux activités calmes auxquelles une partie de la société les a assignées dès la naissance.

Ce n’est pas un hasard si la première femme dans le top100 des vidéastes français est Andy, une véritable princesse dans un univers rose bonbon.

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Elle dit « J’adore les burgers et je m’en bats les gonades du défi plage », j’ai bon ?

Même Natoo – qui est une des rares comédiennes à avoir percé dans la catégorie Humour – peut difficilement porter ce rôle d’aiguilleuse : quand elle a débuté, elle est apparue dans de nombreuses vidéos avec des hommes, notamment avec Kemar, son compagnon. Cela peut donner la fausse impression que pour avoir une chaîne populaire, il faut nécessairement avoir un coup de pouce masculin. Ce qui est regrettable… Mais c’est une aide dont il ne faut pas se passer quand on l’a.

 

Menacées comme une espèce en voie de disparition

Enfin, les femmes ne sont pas visibles sur YouTube parce que notre société est profondément sexiste. Les témoignages de “Youtubeuses” qui reçoivent des insultes, des remarques sur leur physique, des menaces de mort simplement parce qu’elles ont osé se montrer publiquement ne se comptent plus. Comme dans le milieu du gaming online, une femme réfléchira à deux fois avant de se montrer devant une caméra.

Je ne dis pas que les hommes ne sont pas soumis aux mêmes jugements. Ils subissent de leur côté des pressions sur leur “masculinité” et leur “virilité” qu’ils sont régulièrement priés de mettre en avant. Mais c’est sans commune mesure avec la peur de voir dévoiler son adresse personnelle, d’être menacée de viol et de voir ses proches menacés de mort, comme il est malheureusement courant pour les femmes sur internet.

wow such virilité much testostérone

Alors maintenant, vous comprenez pourquoi il est essentiel que des acteurs du secteur prennent conscience de leur responsabilité en matière de diversité ? En tant qu’organisateur d’un événement populaire, promouvoir la diversité, c’est laisser la chance à tout le monde de se projeter dans un univers des possibles. En mettant en lumière des modèles divers, on permet à tout le monde de s’identifier et de se demander : « pourquoi pas moi ? ». Cela vaut pour les femmes, pour les personnes transgenres, pour les noirs, pour les lesbiennes, bref, pour toutes les communautés invisibilisées ou assignées systématiquement à des rôles peu reluisants.

 

OK, maintenant qu’on a dit ça, on fait quoi ?

On avance et on créé un effet d’entrainement. Il devient assez urgent que toutes les communautés prennent conscience du problème de la représentativité et qu’on ne conteste plus cet état de fait. Dans un premier temps, il faut donc le pointer systématiquement tout en proposant des solutions d’ajustement. À la Neocast par exemple, la poignée de femmes invitées a proposé de remplacer un atelier par une discussion autour de la visibilité des femmes sur YouTube après que la contestation soit montée sur Twitter.

 

Prendre conscience, c’est tout compter, tout le temps

Compter le nombre d’hommes en tribune quand on parle de pouvoir, de politique, de business, de tech. Le nombre de femmes en tribune quand on parle d’éducation, de soin, de beauté. Le temps de parole des hommes et des femmes dans les médias ou dans les réunions.

Pour compiler tout ça, on peut télécharger l’appli mobile ITCOUNTS de l’asso Wax Science, une petite révolution pour quantifier le problème… Et essayer de le résoudre.

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En plus elle a de belles couleurs

Voilà, maintenant qu’on est conscient.e.s qu’il y a un ovaire dans le pâté, il faut rééquilibrer la  balance. Et là, on va dire des gros mots.

 

Instaurer des quotas

« Gnagnagna mais les quotas c’est du caca c’est de la discrimination positive et des prête-noms et puis de toute façon c’est trop compliqué de trouver des femmes ». Wololo, du calme Finkie. Je ne dis pas qu’il faut des quotas partout. J’écris seulement que dans certains contextes, notamment ceux dans lesquels on ne voit que des hommes blancs, les quotas sont la seule solution pour forcer la place des femmes. Elles ne sont pas “moins légitimes” pour autant, on se donne juste les moyens de sortir de sa zone de confort et on va chercher des gens différents, qui ont moins l’habitude de se mettre en avant. 

C’est important de se le dire dès le début, pour ne pas se retrouver le jour de son événement avec une homogénéité affolante. Alors oui, ça demande un effort supplémentaire et c’est bien ça le problème ! Mais progressivement, ces personnes prendront confiance en elles et finiront par se présenter d’elles-mêmes. C’est ça, l’effet d’entrainement.

 

Montrer des modèles positifs, à notre échelle

Des femmes qui font des vidéos formidables sur YouTube, on en connaît tous au moins une. Partageons donc son talent avec notre réseau social, faisons-la découvrir à nos ami.e.s ! Un partage sur Facebook ou Twitter, ça sauve sans doute pas des chatons, mais ça va peut-être éveiller chez certaines des vocations.

En la matière, les conventions de fans qui ne saisissent pas cet enjeu crucial font une erreur stratégique colossale. Les conventions ne sont pas que des espaces de rencontres, ce sont aussi des prescripteurs de tendances. Quand les vidéastes n’ont pas assez de mains pour signer 5 000 dédicaces, proposer du contenu riche, divers, avant-gardiste et surprenant, ça peut sauver une programmation. Paul et Lætitia, les fondateurs de Youdeo – une newsletter qui déniche des nouveautés sur YouTube – en ont conscience.

“À chaque fois qu’on crée la newsletter de la semaine, on vérifie si on met autant en avant des hommes et des femmes. On peut aussi faire des sélections 100% femmes ou 100% hommes pour arriver à l’équilibre, mais en général, ça vient naturellement.”

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Désister les hommes quand ils sont surreprésentés

Dans le milieu conférencier, certains hommes refusent d’intervenir si la tribune n’affiche pas la parité ou si aucune femme n’est présente.

En l’occurrence, le Joueur du Grenier qui devait animer 4 Foire Aux Questions à la Neocast a proposé un de ses créneaux aux femmes qui souhaitaient organiser un atelier improvisé. Faute d’être parvenus à un accord avec les vidéastes trois jours avant l’événement, l’organisation n’a pu que décliner ce changement de programme qui aurait peut-être permis de désamorcer certaines tensions et de solutionner collectivement le problème.

 

Faire émerger une parole publique collective forte

Les “Youtubeuses” en ont gros. Elles posent toutes les mêmes constats mais manquent aujourd’hui de structuration pour être reconnues et entendues. À l’image de “Prenons la Une”, “Paye ta schnek” ou d’autres collectifs viraux, elles pourraient chercher à se réunir pour rendre visible le problème mais surtout pour faire pencher la balance et encourager plus de femmes à se lancer. Une lueur d’espoir ?

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9 Commentaires

  1. « Des femmes qui font des vidéos formidables sur YouTube, on en connaît tous au moins une. Partageons donc son talent avec notre réseau social, faisons-la découvrir à nos ami.e.s ! »

    Je suis d’accord avec cette initiative. Pour ma part, mes centres d’intérêts sur Youtube sont surtout les jeux vidéo, l’histoire et les sciences. Je ne suis abonné qu’à un seul compte féminin, Tamashii Hiroka : c’est une américaines qui parle de l’univers de Pokémon : https://www.youtube.com/channel/UCid9DssdW6-yxUNl3_aba6A

  2. J’ai un jour compté dans mes abonnements, le nombre de chaîne créé par une femme et qui se montrait face came, résultat: moins de 10 chaîne répondaient à cette appel contre plus de 100 autre chaîne créé par des hommes. C’est là que je me suis dit qu’il y avait un problème. Problème qu’on ne peut pas juste ignorer en se disant « bah les femme sont moins drôle/créative/intéressantes » pour justifier leur absence dans le milieu vidéo. Il faut se poser la question du pourquoi, et cette article est une réponse parfaite à ce phénomène qui touche les femmes dans plein d’autre milieu. Merci d’avoir mis les mots sur quelque chose qui rejoint la condition féminine dans sa globalité.

  3. Sur mes 89 abonnements youtube il n’y a que 10 chaines tenues par des femmes =/ c’est loin d’être bon.. et pourtant je cherche pas mal !

    J’peux les faire passer, c’est le sujet de les rendre plus visibles de toute façon ^^ :
    Scilabus, Buffy Mars, Florence Porcel, Klaire Fait Grr, La Vie sur Vénus, NAYA – la ringarde, PastilleASMR, Samai Cédlart, SolangeTeParle et C’est une autre histoire.

  4. Ce constat est présent dans de nombreux domaines de la société. L’humour étant un secteur porteur sur YouTube, les femmes devraient être présentes à part égale ou presque avec les hommes mais ça n’est pas le cas.

    Pourquoi ? Reflet ni plus ni moins de la société actuelle qui n’associe pas l’humour à une qualité nécessaire à la femme pour séduire un homme par exemple. Le contraire étant bien évidemment mis en avant, d’où la citation connue « Femme qui rit, à moitié dans ton lit. » ! « Homme qui rit, à moitié dans ton lit. » est sans doute aussi vrai mais curieusement peu ou personne n’y a pensé. XD

    On parle de beau parleur mais rarement de belle parleuse aussi, les rapports et comportements homme-femme qui débutent à l’adolescence influencent très largement les modes de pensée adulte. La société oriente la femme vers la beauté physique comme principal atout, pouvoir ensuite plaire à un bon parti, etc. Si ce top-objectif n’est pas atteignable, la femme doit alors au moins faire de son mieux pour être une bonne mère aimante et attentionnée.

    L’homme lui est très vite orienté vers la performance et la concurrence dans le domaine professionnel. Il doit se montrer plus compétent que son voisin afin de s’accaparer des postes de plus haute responsabilité. Là où la concurrence entre femmes est orientée sur l’apparence physique, celle des hommes est orientée sur les aptitudes de gestion des biens ou des personnes.

    On pourrait débattre longtemps sur ces sujets mais il faudra encore quelques générations et bien des succès retentissants de femmes séduisantes dans des activités professionnelles « sérieuses » pour influencer les mœurs…

  5. Bonjour.
    Je me suis souvent demandé… Pourquoi autant d’insistance sur la diversité ?
    Ne devrait-on pas juste se focaliser sur le contenu que fournissent les artistes et non pas leurs genres/couleurs ?
    Pourquoi les quotas, la parité ? Qu’est-ce que cela rapporte de spécial ?
    Ça ne me dérange pas d’être représenté par une assemblé 100% Noir, ou 100% Blanche, ou 100% Violette. Je souhaite juste des gens qui font leur travaille correctement.
    Je n’essaie nullement de vous provoquer (j’avoue que cela peut en énerver certain.e.s), c’est une question sincère.
    Merci.

    • Marie Camier-Théron

      29 avril 2016 at 18 h 03 min

      Bonjour,
      Alors, vraiment, je ne pensais pas devoir expliquer pourquoi la diversité est essentielle mais allons-y.

      Notre société est composée de personnes aux parcours de vie et expériences différents. Être une femme, un homme, noir.e, blanc.he, jeune, vieux, urbain.e ou rural.e détermine souvent :
      – notre formation
      – notre insertion sociale
      – notre niveau de vie
      – notre probabilité à subir une discrimination

      Je vis dans l’idéal de voir tout ce beau monde traité sur un pied d’égalité, quelle que soit sa condition ou sa couleur de peau. Malheureusement, ce n’est pas une réalité.
      Il est donc nécessaire que dans tous les pans de la vie en société, on soit vigilants à représenter les intérêts de toutes ces personnes qui vivent des expériences différentes.

      Pour prendre un exemple précis, je connais des entreprises qui ne mettent pas de poubelle dans les toilettes. C’est pourtant un besoin primaire des femmes qui ont leurs règles une fois par mois et qui ont besoin de jeter leurs protections sans avoir à raser les murs le temps de trouver une poubelle. Dans la plupart des cas, ce genre de situations intervient quand aucune femme n’occupe un poste dans la direction. Donc oui, la diversité, c’est essentiel.

  6. Il y a quand même pas mal de youtubeuses assez populaires en France… Les Topovaures, Solangeteparle, Natoo, toutes les comédiennes qui gravitent autour de Studio Bagel ou de Golden Moustache (Alison Wheeler, Aude Gogny-Goubert, Justine le Pottier), toutes celles qui gravitent autour de Good Monique, le Latte Chaud, Parlons peu parlons cul, etc… C’est encore plus étonnant qu’elles soient à ce point sous-représentées

  7. Bonjour,
    Je suis tombée sur ce blog en stalkant un peu (noooon, en faisant mon job de journaliste :D) suite à ma découverte de la super page « Les Internettes » sur laquelle je suis d’ailleurs déjà en train d’écrire un article.
    Je suis une fille sur Youtube, et j’ai déjà été frappée par ce « syndrome de l’imposteur » parce que rien qu’en écrivant ce commentaire, j’avais envie de dire « Enfin, je fais rien d’extraordinaire bien sur, mon contenu n’est pas digne d’e-penser et mon charisme loin d’atteindre celui de Marion Seclin »… du coup je me suis stoppée net et j’avoue que j’en ai presque rit (oui, il m’en faut quand même un peu plus !). Ca rassure de voir que les « syndrome de l’imposteur » est quelque chose que je ne suis pas la seule à vivre.
    C’est d’ailleurs pour ça que je n’ai jamais rien fait avec décembre dernier.
    29 ans putain ! A attendre d’avoir les balls pour le faire.. d’ailleurs pourquoi avoir du courage devrait se dire « avoir des couilles »? Nanmého ?
    Après c’est dur, mais je suis consciente que c’est dur pour tout le monde, homme ou femme.
    Les gens ont beaucoup de mal à partager de façon globale, mais peut être plus encore quand on parle d’un contenu de fille.
    Du coup je peux parler de mon ressenti en tant que « créatrice » féminine : ce sentiment de manque de légitimité est très important, je ne sais pas si c’est du au simple fait d’être une femme ou un manque de confiance en soi général (qui est peut être bien du au fait d’être une femme au final), la peur d’être jugée sur son physique ou harcelée de commentaires dégradants.
    Perso, quand je me suis lancée, j’avais super peur qu’un mec à qui j’aurais pu mettre un vent une fois dans ma vie tombe sur une vidéo et se lance dans du shaming, de la diffamation, des trucs comme ça (bah oui, dans la vie ça m’est déjà arrivée tellement). Alors, je suis peut être une grosse parano de la vie, mais j’avoue que ça m’a hyper bloquée tout un temps. J’ai pas du tout osé partager ma chaîne autour de moi.

    Du coup j’admire votre initiative. Il y aura toujours des gens qui diront qu’il n’y a pas de discrimination et que c’est dans notre tête (mais quand bien même, si c’est dans notre tête à nous toutes les femmes, c’est bien que quelque part il y a quelque chose qui cloche), mais c’est comme le racisme bien sur. Le sexisme n’existe pas, et s’il existait, je suis sure qu’Internet, cet espace d’amour et de tolérance serait forcément épargné !

    ps : ce qui me frustre par ailleurs, c’est que Youtube mette en contenu similaire du mien des chaînes comme Sananas ou Caro&Safia alors que le contenu n’a RIEN à voir, au contraire. Est ce que c’est parce que je suis une fille, je dois forcément parler de trucs de filles ? 😀

    • Marie Camier-Théron

      9 mai 2016 at 10 h 21 min

      Bonjour Agnès,

      Merci beaucoup pour ce commentaire, il exprime très bien le ressenti de pas mal de femmes sur YouTube 🙂
      N’hésite pas à m’envoyer ton article lorsqu’il sera fini !

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