Pour certains, Akihabara pourrait ressembler à une certaine version de l’enfer.
Quand j’ai préparé mon voyage, j’ai été surprise de trouver une certaine forme de condescendance et de paternalisme dans les guides touristiques qui décrivaient ce quartier.

Sur Kanpai, ma guide référent, Akihabara est désigné comme le lieu privilégié pour les étrangers « geek » et « otaku ». Dans le langage commun, ces deux termes ne sont pas franchement flatteurs puisqu’ils s’accompagnent souvent de l’image d’un ado boutonneux reclus dans sa chambre, affairé à bidouiller une vieille console Atari ou à baver devant Dragon Ball Super.

J’espérais trouver à Akihabara une atmosphère électrique, une timide ferveur, mais aussi (et surtout) des goodies de Sakura Card Captor, de Dragon Ball et de Fruits Basket, des franchises avec lesquelles j’ai grandi et qui me tiennent à cœur.

J’avais repéré le Mandarake Complex, un immeuble sur plusieurs niveaux qui promettait à chaque étage des surprises différentes. Mais avant d’y glisser, je me suis laissée entrainer dans les escalators d’une autre boutique prometteuse.

À Akihabara, on trouve des figurines collector neuves ou usées, des jeux et des consoles oubliées, des kilomètres de mangas impossibles à décrypter, des CD et des DVD de franchises dont on n’imagine pas l’existence, des pins, des cartes, des peluches, des salles d’arcade.

Je n’ai pas vu le temps passer et je suis ressortie le sac bien rempli, en échange d’une poignée de yen.

Il me fallait bien ça après une matinée de galères.

J’avais commencé la journée avec l’idée d’aller pic-niquer dans le parc impérial près de la gare de Tokyo. Mais arrivée devant le palais, j’ai réalisé qu’il n’était ouvert au public qu’à condition de le visiter avec un guide pendant 1h15.

Déçue, j’ai rebroussé chemin et j’ai mangé une salade du seum et un onigiri surprise dans l’herbe à côté de la route. Je dis onigiri surprise parce que je suis incapable de déchiffrer à quoi sont fourrées ces boulettes de riz et que je les prends souvent à l’instinct.

Quand j’ai voulu poursuivre mon programme vers Akihabara, je me suis de nouveau retrouvée coincée à la gare. Mon pass bipait rouge et indiquait qu’il était vide alors que je venais de le recharger de 2 000 yen (l’équivalent de 15€).

J’ai dû expliquer mon problème à 4 agents différents (au bout du 4ème j’étais au bord des larmes) pour que l’un d’eux m’aide enfin à débloquer ma situation… Au détriment de 1 000 yen perdus à jamais car je n’avais pas de preuve d’achat.

C’est dans ce genre de moments que la solitude me rattrape et qu’elle pèse. Aujourd’hui, j’ai eu le mal du pays et j’ai senti que mon séjour commençait à tirer. Je n’avais pas prévu de rencontrer qui que ce soit pour mes 3 derniers jours et j’imagine que c’est cette perspective qui a un peu changé mon état d’esprit.

Quand on partage des temps forts avec des gens, la redescente dans la solitude est difficile. J’ai été bien entourée ces derniers jours et me retrouver soudainement seule m’a un peu mis le blues. Mais ma quête de cadeaux souvenirs à Akihabara m’ont changé les idées et ça a été salutaire.

Je commençais à associer de plus en plus mon blues à ces 3 derniers jours solitaires quand Camille, la Marie-Chanchan de madmoiZelle m’a confirmé qu’on se captait le soir pour un verre. Ça m’a fait un bien fou de parler de nos expériences, de partager nos conseils de voyage et de parler français.

Finalement, il en fallait peu pour que la soirée prenne fin sur une note plus optimiste.

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