L’association Jets d’encre fait partie intégrante de mon quotidien. Depuis cet automne 2009 où j’ai accepté de reprendre le « Rézo Ile de France » des journalistes jeunes, bien des choses me sont arrivées, parfois déterminantes pour mon avenir professionnel…! Mais avant de vous compter mon épopée, une présentation du journalisme jeune, ses enjeux et la place de Jets d’encre s’impose…

les journalistes jeunes, des journalistes en herbe ?

Les quelques chercheurs qui se sont penchés sur la question du journalisme jeune soulignent combien il est difficile d’en donner une définition exhaustive. La plus adaptée est selon moi celle des journalistes lycéens formulée par Laurence Corroy et Jacques Gonnet dans leur dictionnaire d’initiation à l’Info-Com :

« La presse lycéenne est entendue comme l’ensemble des journaux écrits par les adolescents à destination de leurs camarades. Le journal lycéen se distingue par la volonté libre des jeunes rédacteurs lycéens de se constituer en groupe de travail et de fonder un périodique, sans surveillance et censure provenant d’un directeur de publication adulte qui exercerait un contrôle hiérarchique sur les articles qui lui sont soumis.

La presse jeune a un ton particulier : elle oscille entre l’imitation de la presse professionnelle et la recherche d’un support alternatif, le traitement sérieux et décalé d’un sujet, la pluralité des opinions et la ligne du journal, la volonté de consensus et celle de provoquer. »

Contrairement à une idée reçue, peu de journalistes jeunes souhaitent se professionnaliser. La première motivation des rédacteurs est la socialisation dans un groupe. Le journal (lycéen notamment) permet aux jeunes de se retrouver dans un cadre informel et de sortir du carcan du lycée pour s’exprimer sur les sujets qui les questionnent, les passionnent, les agacent ou les indignent.

Les journaux lycéens ou de ville illustrent parfaitement la diversité d’opinions et de pratiques qui existent dans la presse jeune. En voici un condensé sur la page des journaux participant à un événement de l’association, où 12 sujets à réaliser en 15 heures sont imposés : http://www.festival-expresso.org/archives/2011/edition-2011.html

Selon moi, les journalistes jeunes ne sont donc pas des journalistes « en herbe » – terme que je trouve infantilisant, soit dit en passant.  Ils se font les porte-parole de leur génération et montrent que les sujets de société les touchent autant que leurs aînés, qu’ils aient 15 ou 25 ans.

Jets d’encre, une asso de défense des imprimantes ?

Le titre est parfois trompeur ! Jets d’encre se définit comme un réseau national de journalistes jeunes. « Jets » pour la spontanéité des écrits, au pluriel, pour représenter la diversité qui définit la presse d’initiative jeune. L’association affiche trois objectifs : faire se rencontrer les rédactions souvent isolées dans leur établissement ou leur ville, donner des outils aux jeunes qui alimentent leur journal et offrir des services à la défense de la liberté de leur presse. Héritière de J. Presse, une association nationale pour la promotion de la presse jeune (malheureusement dissoute en 2002), Jets d’encre porte les valeurs de la charte des journalistes jeunes, spécifique à leurs activités, qui sont souvent éloignées du journalisme professionnel.

L’association base son soutien aux journalistes sur le présupposé que les jeunes peuvent réaliser des choses de leur propre initiative et qu’ils ont une place à prendre dans le débat public. Son slogan principal « Prenez la parole, faîtes un journal ! » est le reflet de cette foi en la capacité des jeunes à s’épanouir par eux-mêmes, en dehors de toute machine institutionnelle et parfois sans l’aide des adultes.

Jets d’encre est l’une des associations les plus jeunes de France ; le Conseil d’administration (dont je fais partie depuis 2010) et le Bureau  sont uniquement composés de jeunes de 16 à 25 ans. Cette année, la moyenne d’âge du Conseil d’administration est de 19 ans ! Le délégué général, notre seul employé, nous a récemment avoué apprécier la teneur des débats qui sont conduits avant chaque décision en réunion du Conseil d’administration, preuve d’une maturité dans les réflexions des jeunes, qui est valorisée dans les actions de l’association. Jets d’encre est une association politique apartisane. Nos partenariats avec le Ministère de l’éducation nationale, les régions Ile de France ou Rhône-Alpes, avec le Clemi, les mairies de Paris ou de Lyon, le réseau Animafac et le Réseau National des Juniors Associations ne nous laissent pas d’autre choix que d’être très vigilants à la tenue de nos engagements et de nos valeurs… Plus que jamais en 2012 !

L’association tient le secrétariat de l‘Observatoire des pratiques de presse lycéenne, un organe de réflexion et de médiation pour les journaux lycéens en difficulté ou en demande d’outils éclaircissant le cadre juridique de leur publication. Composé de membres de la communauté éducative et d’acteurs influents (La ligue des droits de l’homme, FCPE, Clemi, Reporters Sans Frontières, Ligue de l’enseignement, UNL, syndicat de chefs d’établissement), l’Observatoire est un réel levier politique pour la reconnaissance de la presse lycéenne.

Voilà une courte présentation de l’association, exercice peu aisé lorsque l’on a « la tête dans le guidon »…!

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