not sure if trollingVincent Peillon, le ministre de l’Education nationale, a fait cette semaine un point d’étape sur la mise en place de son Ecole numérique. Le mot-dièse #EcoleNumérique sur Twitter permettait d’accéder au discours du ministre.

Aujourd’hui, on trouve sur le site du Ministère le compte-rendu des principales mesures et des chantiers déjà ouverts ainsi que leurs perspectives pour les rentrées 2013 et 2014. Impossible pour un thème tel que le numérique à l’Ecole de passer à côté de la dimension d’éducation aux médias.

Une conception complète de l’éducation aux médias

Dans la note d’intention, on apprend plus précisément les orientations du Ministère sur la question. Sur la définition de l’éducation aux médias, pas de surprise (et tant mieux ?):

eam def ministere

On y retrouve la dimension citoyenne, le développement de l’esprit critique, la connaissance des intérêts des industries culturelles et médiatiques ainsi que le développement de compétences propres à la recherche d’informations.

Sans surprise également, l’essaimage d’éducation aux médias dans les disciplines scolaires déjà existantes. La question de la disciplinarisation se pose depuis plusieurs années mais Vincent Peillon avait déjà fait part de sa volonté de transversalité dans un entretien accordé au blog 2012 est à vous ! Les jeunes bloguent la présidentielle en 2012 alors qu’il était conseiller éducation de François Hollande.

Aller au delà de l’utilisation des médias en classe

J’attends avec impatience une réforme de l’éducation aux médias en France, une réforme qui mettrait en lien et valoriserait les pratiques sur le territoire, prendrait au sérieux la formation des enseignants sur ces questions et dépasserait l’idée qu’éduquer aux médias, c’est savoir utiliser Internet. Comme @Bulle_Tine le dit en moins de 140 caractères :

Capture d’écran 2013-06-16 à 20.37.45

Malheureusement, nous n’y sommes pas encore. Aujourd’hui, la seule formation « médiatique » des enseignants se limite au passage du C2I, qui aborde l’utilisation de logiciels bureautiques. Pas d’éducation à l’image, pas d’histoire de l’information. Seuls les professeurs documentalistes disposent de cours spécifiques sur la sociologie des médias, entre autres.

Sans compter que les conditions ne sont pas encore réunies dans les établissements scolaires pour permettre aux enseignants d’utiliser les dispositifs médiatiques, comme le souligne l’enseignante Stéphanie de Vanssay : le wifi n’est toujours pas généralisé dans les écoles, l’équipement en tablettes est rare, les ordinateurs portables et vidéo-projecteurs sont partagés entre de nombreux enseignants…

Bref, le chantier ouvert par Vincent Peillon est colossal et son évolution doit absolument être réfléchie sur le long terme. Pas évident, lorsque l’alternance politique met en péril la pérennité des décisions qui doivent sans cesse se mettre à jour. Cette discipline demande de sortir de la pédagogie traditionnelle, de rendre les apprenants acteurs. Or, comme @Celia_Guerrieri le souligne :

twitt celia

Le défi est à la hauteur de l’enjeu.

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