Je divague : vague

L’écran de l’agacement

J’ai eu deux semaines associatives particulièrement chargées et passionnantes. Le retour sur iCampus n’en est que plus difficile… Depuis quelques temps, la plateforme stagne. Les professeurs et tuteurs pensent avoir atteint leur vitesse de croisière et délaissent leurs espaces alors que c’est pendant cette partie de l’année qu’il faut nous inciter à garder le cap jusqu’à la fin. Sur le groupe Facebook du master côté IEM (Ingénierie de l’éducation aux médias), les messages de professeurs n’ayant reçu que 3 ou 4 rendus (au lieu d’une quinzaine) pleuvent. Beaucoup d’étudiants ont quitté le navire, faute de suivi, faute de temps, ou simplement surmenés. 

Anecdote

En me « logant » sur la plateforme ce matin, j’ai retrouvé ce sentiment de découragement intense qui caractérise trop souvent cette année universitaire. Dans 3 de mes cours, les professeurs ne répondent pas aux questions, n’ouvrent pas d’espace de dépôt pour les devoirs qu’ils demandent ou n’indiquent simplement pas de date de rendu définitif. Pour un autre module, nous tentons tant bien que mal de fixer une date d’exposé en présentiel avec des intervenants experts à Toulouse, au Laos, à Nantes. Tout est prêt, sauf l’enseignante qui gère ce module et nous envoie balader depuis 2 semaines.

Je fais l’expérience de l’autocensure sur ces espaces de discussions, alors que je suis assez sanguine et honnête. Je me retiens de mettre des messages lapidaires faisant l’état de l’incompétence et l’indifférence de ce professeur alors que nous nous battons pour nous maintenir dans ce master vraiment rude, en plus de nos activités annexes. Mais j’ai dépassé un cap. Ce matin, j’ai failli écrire à cette enseignante qui met notre crédibilité en question face aux intervenants que nous sollicitons. Une phrase agacée, courroucée aurait pu être exposée aux yeux de tous, sur un coup de sang que je contiens depuis 3 semaines. Mais j’ai renoncé, pour ne pas mettre le reste de mon groupe dans l’embarras.

L’HONNêTEté ou le ZERO pointé ?

Pourtant, toute seule, j’aurais assumé de pointer les incohérences des demandes (nous avons dû travailler sur un sujet et une date imposés mais le jour J, la salle n’était pas réservée), l’inutilité de ce travail (je ne serai jamais amenée à travailler dans un centre de visioconférences), la lourdeur de la tâche (préparer une intervention avec des experts délocalisés en 2 semaines ?… Come on !) et la désorganisation de cette enseignante (« vous réservez la salle, non en fait c’est Mme Machin qui doit le faire, oh et puis finalement, débrouillez-vous »).
Car je n’accepte pas le manque de respect qui s’est instauré dans nos rapports avec cette responsable. Nous ne devenons que des « machines à faire des conférences », nous n’avons pas notre mot à dire et sommes tributaires de son bon vouloir. Non, pour moi, nous traiter comme si nous n’avions que ça à faire, d’attendre qu’elle nous réponde sans marge de manoeuvre car la peur du 0/20 nous tenaille, c’est tout sauf pédagogue.

Alors je m’agace, m’insurge face à mon écran qui n’y peut rien. Aussi impuissant que moi. Mais c’est peut-être aussi ça, l’enseignement à distance. Prendre son mal en patience et se canaliser…

Source photo : http://www.bluectechnology.com (où il fait bon travailler devant un écran visiblement)

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