Ça y est. Après un mois de travail, j’ai bouclé le premier jet de mon mémoire de Master 2. J’avais déterminé le sujet dès les premiers balbutiements du blog en septembre, il porterait sur l’expression politique des jeunes sur le blog. J’ai commencé mes lectures à partir de quelques mots clés. Bien sûr, les classiques en éducation aux médias : Jacques Gonnet, Laurence Corroy, quelques publications du Cejem. Puis le rapport entre les jeunes et la politique : Anne Muxel, Valérie Becquet, des articles de l’Injep. En entrant plus dans les détails, je me suis intéressée à la participation civique des jeunes et leurs cultures citoyennes grâce aux productions de David Buckingham et Peter Dahlgren.

Et j’ai fait deux piges pour Les idées en mouvement, la revue de la Ligue de l’enseignement. À cette occasion, j’ai rencontré et me suis entretenue avec Sophie Jehel et Divina Frau-Meigs, dans une approche plus traditionnelle de l’éducation aux médias : protéger les jeunes des paniques médiatiques et des contenus violents. Moi qui m’étais surtout intéressée à l’éducation aux médias par la pratique, j’ai pu rattraper mon retard sur ces notions de base. La rencontre avec Divina Frau-Meigs m’a poussée à m’intéresser aux cultures médiatiques des jeunes (media literacy) et à approfondir ma définition de l’éducation aux médias. Mes recherches sont composées de trois parties. Le premier chapitre théorique fait l’état de l’art. Le deuxième analyse quantitativement et qualitativement le contenu du blog « 2012 est à vous ! ». Le dernier défend le blog comme dispositif d’éducation participative aux médias.

Les blogueurs de « 2012 est à vous ! » sont des jeunes particulièrement sensibilisés à la politique et à l’information d’actualité, qu’ils traitent, déforment ou décryptent de façon personnelle, sans forcément avoir de vocation journalistique. J’ai pu démontrer que ce blog contribuait à l’éducation politique des participants, mais il fallait que je prouve qu’il répondait également aux critères d’un projet d’éducation aux médias. Deux arguments m’ont poussée à penser que cette plateforme a bien permis aux jeunes de comprendre les règles qui régissent les médias de l’intérieur et de se prémunir face aux discours médiatiques. D’une part, leur implication a témoigné d’un savoir-faire et des compétences propres aux médias, et d’autre part, ils ont expérimenté des notions de citoyenneté, répondant ainsi à l’une des préoccupations de l’éducation aux médias selon Len Masterman et Jacques Gonnet. D’après mes observations, cette forme d’apprentissage par la pratique pourrait répondre au nom d’éducation « participative » aux médias, en ceci qu’elle offre la possibilité à ces jeunes citoyens de s’exprimer et de s’impliquer activement dans un espace public et politique.

Un partie très militante, à vrai dire. Car j’y défends une conception de l’éducation très ciblée, mais aussi peu étudiée et peu valorisée… Mais qui n’est que le fruit d’expériences de terrain.

Rendu définitif de mes travaux le 27 août. Bientôt sur ce blog, donc !

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