L’affaire du père nantais qui réclamait le droit de visite de son fils à cor et à grue a pris une tournure inopinée en quelques jours. Dans les médias, Serge Charnay, le papa « courage », qui méritait un « Faith in humanity : restored » est soudainement redevenu un homme faible voire dangereux, inculpé par le passé pour plusieurs infractions.

Il y a 4 jours sur Twitter, les réactions de soutien se sont accumulées, des réactions comme on en trouve pour toutes les grandes causes à défendre, l’amour d’un père pour son fils et mon-dieu-que-c’est-beau-j’en-pleurerais-presque.

tw

A titre Perso, tu es bien un mouton.

Tout le monde est tombé dans le panneau. Journalistes, citoyens ET politiques. BFM TV (bon eux, tout le monde s’y attendait), Le Monde, L’Express, RFI… Taubira s’est même empressée de recevoir SOS Papa, l’association qui a été prise dans cette tornade médiatique.

Deux choses me font tiquer dans cette affaire. La première, c’est bien entendu que les médias soient tombés aussi facilement dans le panneau de l’acte désespéré pour cause désespérée. Bien sûr, toutes les rédactions n’ont pas les moyens de faire de l’investigation. Mais ça coûtait quoi, franchement, de passer un coup de fil à l’avocate de la mère ou de choper son contact direct ou de son entourage pour vérifier la crédibilité de la « cause » du père ? Une condamnation en justice, c’est quand même pas rien !

siriusly

Sans parler du fait qu’en 4 jours, il n’a pas fait de déclaration publique. La réaction atterrée des commentateurs et citoyens qui découvrent le « vrai » Serge Charnay et ses propos misogynes à la descente de la grue sont l’illustration de cette erreur de médiatisation à outrance.

La deuxième chose particulièrement gênante, c’est la réaction des spectateurs, lecteurs, qui se sont attendris puis énervés sur cette affaire, au rythme dilué par les médias. Où est le recul vis-à-vis de l’information ? Où est l’esprit critique ? Comment peut-on à ce point désirer une action forte et humaine qu’on adhère sans peine au raccourci médiatique ?

C’est dans ce genre de situation qu’il me parait urgent d’éduquer chaque citoyen à la portée des messages médiatiques. Nous avons aujourd’hui les moyens d’éviter ces paniques médiatiques par la sensibilisation des publics et des professionnels. Qu’attendons-nous pour le faire ?

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